Il y a de la fibre artistique dans ma famille. Aucun des 5 de la fratrie n'en est dépourvu. Pour moi, c'est le dessin, la forme, la couleur, la peinture, la sculpture et le collage. Mon village natal où coule la Sèvres Nantaise est éloigné de l'école des Beaux-arts la plus proche, celle de Nantes, qui éveille un peu la suspicion parentale lorsque le moment arrive de choisir mon orientation.

A 20 ans, je suis à Paris. Je rencontre rapidement mon mari, artiste peintre. Ses couleurs de garrigue sont mon premier véritable contact avec la peinture : je découvre ainsi l'Abstraction Lyrique pour laquelle je reste en affinité. La figuration s'est imposée à moi depuis mes premiers pas mais elle a été stimulée par l'aspect suggestif, ouvert et même illimité de l'abstraction. Je crée plus ou moins à la lisière des deux, ce qui m'ouvre la porte à l'imaginaire et au merveilleux.

Depuis mes premiers collages abstraits, pour lesquels je choisis alternativement des gammes de gris ou de couleurs vives, des papiers mats ou brillants, je me  promène pendant longtemps entre les extrêmes de l'expressionnisme coloré et la sobriété du trait noir dont les passants, grandes sculptures en fer forgé, visibles sur ce site, sont la meilleure expression. 

 

A partir de 33 ans, mon esprit est totalement capté par la recherche spirituelle. Pendant quelques années, je suis intéressée par le graphisme des écritures et des signes. Mes carnets de collages juxtaposent la transparence, l'or et l'argent, l'encre noire. Le thème des métamorphoses s'impose alors sous forme de petites sculptures en argile inspirées de l'animal ou de l'humain.

A 35 ans, Rebutée par l'odeur de la soudure, finissant par trouver mes productions vaines, j'ai le sentiment d'être à la fin d'un cycle.  Je tourne les yeux vers des matières plus subtiles, la lumière, mais bientôt je croise

le Raja Yoga sur mon chemin. Sa connaissance fait écho en moi. Je l'adopte et m'y consacre. 27 ans passent et me métamorphosent. 

 

Après avoir vécu à Paris, avant et après Nantes, Montpellier et Bucarest je m'installe à Lyon pour y devenir grand-mère. Mais après un an, la vie a pris une telle tournure qu'elle ne me convient plus. Grâce au cancer je réalise à quel point la créativité fait partie de ma nature. Je me remets immédiatement à créer avec ce que j'ai sous la main.  A Noël 2015, je découvre l'intérêt des papiers cadeau et tombe amoureuse de ce média de récupération aux formes multiples.

Depuis ce redémarrage dans les arts plastiques, le collage que je pratique exactement comme la peinture, par touches de couleur, sauf que le papier m'en offre souvent plusieurs à la fois, avec des graphismes en plus, j'ai découvert que ce média  me convient parfaitement. Finalement il a toujours accompagné mes différentes phases de création. J'aime découper, coller. Maintenant je fabrique certains de mes papiers.


Pour y avoir puisé tous mes thèmes pendant 5 ans, j'ai découvert aussi que la nature m'habite intimement. Depuis quelques années ma petite fille s'est imposée dans mes collages et y a introduit la figure et de nouvelles envies de poésie.  

 

 

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